Pour l'Ossétie

Dans la presse occidentale, la lecture des évènements du conflit en Ossétie du Sud, est presque uniquement macro-politique : le petit peuple au milieu, qui est pourtant la première victime, n'est pas pris en compte.

27 septembre 2008

Deux parlementaires belges accusent la Géorgie du président Mikhaïl Saakashvili de "crimes de guerre" en Ossétie du sud

Deux parlementaires belges accusent la Géorgie du président Mikhaïl Saakashvili de "crimes de guerre" en Ossétie du sud, qualifiant Tbilissi d'"agresseur" dans le conflit intervenu au mois d'août dans le Caucase.

"Il y a bien eu crime de guerre"
"Il me semble effectivement établi qu'il y a bien eu crime de guerre", a indiqué jeudi le sénateur Josy Dubié (Ecolo) rejoint à cet égard par sa collègue Christine Defraigne, chef de groupe MR à la Haute assemblée. Les deux parlementaires demandent une enquête internationale, estimant que la Cour pénale internationale doit être saisie.

Mme Defraigne et M. Dubié se sont rendus cinq jours en Ossétie du sud dans le cadre d'une mission qu'ils qualifient d'indépendante.
Dénonçant un contexte de désinformation, notamment dans le chef de la presse occidentale, ils ont organisé jeudi au parlement une conférence de presse intitulée "La vérité a ses droits". Les deux parlementaires pointent Tbilissi comme premier responsable du conflit avec la Russie.

Saakashvili "instigateur" de l'invasion
"Nous concluons sans hésitation, sans ambages que ce sont les Géorgiens qui sont l'agresseur", a notamment indiqué Christine Defraigne, présentant le président Saakashvili comme "l'instigateur de cette invasion brutale qui s'est accompagnée de violations du droit international".

Les deux sénateurs disent avoir recueilli suffisamment de témoignages et constaté sur place les conséquences de bombardements intensifs et répétés, dans le chef de l'armée géorgienne, visant des logements habités par des civils, un hôpital, un jardin d'enfants, des réfugiés en fuite, un bâtiment de la Croix rouge, une caserne abritant des "peace-keepers russes", et le parlement ossète dont il ne reste plus que les murs.

Civils délibérément visés
"Le quartier juif à Tskhinvali, la capitale ossète, a été complètement détruit à l'exception de la synagogue", ont-ils relevé. "Nous avons constaté la destruction quasi-complète d'un village dénommé Tsunar et d'un autre, Kmitogurovo", ont-ils précisé. Selon Josy Dubié, les traces de char repérées dans ce dernier village et les témoignages attestent de ce que les forces géorgiennes ont délibérément visé des habitations qui n'étaient pas vides, et qui n'abritaient pas de militaires.

Compte tenu de ce qu'ils ont vu et entendu, les parlementaires belges ont estimé "vraisemblables" le nombre de 1.500 victimes russes et ossètes avancé par les autorités locales. Mme Defraigne et M. Dubié ont été en mesure d'examiner une partie de l'armement géorgien pris par les Russes. Selon eux, il s'agit de matériel sophistiqué. Ils ont notamment du matériel léger américain, cinq chars T72 de dernière génération fabriqués en Ukraine, équipés de matériel de visée nocturne israélien, ont-ils dit.

Une enquête auto-financée et indépendante
Les sénateurs ont dit avoir pu agir en toute liberté durant leur enquête, et ont assuré avoir financé eux-mêmes leurs déplacements. Ils ont tenu à remettre les pendules à l'heure quant aux origines du conflit en Ossétie du sud, l'exactitude des faits perpétrés et la responsabilité des exactions. Les sénateurs ont dénoncé la "désinformation" à l'oeuvre dans les médias occidentaux mais aussi dans le chef de responsables politiques.

Une délégation de parlementaires belges composée d'Anne-Marie Lizin (PS), Jean-Luc Crucke (MR) et Sabine de Béthune (CD&V), avait dénoncé l'installation de l'armée russe en territoire géorgien. "Chacun sa sensibilité, on ne peut pas la leur reprocher vu l'importance de la propagande organisée par M. Saakashvili", a indiqué Mme Defraigne, épinglant par ailleurs "une propension européenne à exprimer généralement une sensibilité plutôt pro-américaine".

"Nous ne sommes pas des agents du FSB"
Les deux élus se sont défendus d'exprimer un point de vue unilatéral pro-russe. "Nous ne sommes pas des agents du FSB", ont-ils souligné, rappelant qu'ils avaient dénoncé la situation des droits de l'Homme en Russie et la politique poursuivie par Moscou en Tchétchénie. "Et nous continuerons à le faire. Mais il faut aussi savoir reconnaître quand les choses évoluent dans le bon sens", ont-ils dit, soulignant par ailleurs qu'ils se sont rendus à Beslan durant leur séjour, où, selon eux, la population s'exprime aujourd'hui librement, n'hésitant pas, notamment, à critiquer ouvertement le Premier ministre Vladimir Poutine.

Mme Defraigne et M. Dubié sont d'avis que la Belgique devrait participer à la mission d'observation européenne en Géorgie, le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht étant réticent à cet égard. Les deux sénateurs divergent en revanche dans leur rapport quant à l'idée de reconnaître l'indépendance de l'Ossétie du sud comme l'a fait la Russie. "C'est clairement non", a indiqué jeudi Josy Dubié justifiant son point de vue par la nécessité de respecter le droit international (M. Dubié rappelle qu'il était contre la reconnaissance du Kosovo). Mme Defraigne est plus nuancée. "Peut-on retirer aux peuples le droit de vouloir disposer d'eux-mêmes pour autant que le processus soit pacifique?", s'interroge-t-elle. (belga/7sur7)

25/09/08 12h52

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Source : http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/428480/2008/09/25/Deux-parlementaires-belges-accusent-la-G-orgie-de-crimes-de-guerre.dhtml

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12 août 2008

Reprise irrégulière des bombardements géorgiens sur Tskhinval

Le journal Kommersant demeure un des rares média d'opposition souvent très critique vis-à-vis du régime de Poutine.

source : http://www.kommersant.ru/doc.aspx?DocsID=1010329

Dans l'après-midi du 11 août, les troupes géorgiennes ont recommencé à bombarder le territoires de l'Ossétie du Sud et Skhinvali, la capitale de cette république. La veille, le président de Géorgie, Mikhaïl Sakachvili a fait une déclaration concernant l'intention de la république de cesser le feu dans la zone de conflit et a, aujourd'hui déjà, signé une proposition dans ce sens.

C'est Irina Gagloevna, directrice du Comité national de l'information et de la presse, qui a fait état de la reprise des bombardements. Plus tard, cette information a été confirmée par le Ministre de la défense de la Fédération de Russie. Avant çela, le commandement des troupes russes avait annoncé que tous les postes de tir géorgiens se trouvant dans la proximité de Skhinvali avaient été neutralisés.

Par ailleurs, le Ministère de la défense a déclaré, qu'afin de faire cesser les bombardements, les troupes russes mènent une opération sur le territoire géorgien près de la ville de Senaki. D'après un représentant ministériel « les troupes russes de maintien de la paix et les détachements militaires affectés mènent des opérations visant d'une part à empêcher les bombardement de l'Ossétie du Sud et des troupes russes de maintien de la paix par l'artillerie géorgienne, d'autre part à contrer une nouvelle agression de l'Ossétie du sud en s'opposant au déploiement de matériel et de soldats géorgiens.

Rappelons que le soir du 10 août, Mikhaïl Sakachvili a fait l'annonce d'un cessez-le-feu géorgien dans la zone de conflit. « Il nous faut arrêter les combats. Nous n'avons absolument pas besoin de nouvelles actions militaires. Il nous faut les faire cesser et restaurer la paix. Nous déclarons un cessez-le-feu et sommes prêt à signer un engagement de non recours à la force et de cessation des hostilités. Nous sommes prêts, autant que faire ce peut, à faire preuve de souplesse. Nous devons restaurer la paix et arrêter ces meurtres insensés, cruels et absolument inadmissibles. », a-t-il dit lors d'une interview à la chaîne de télévision CNN. Le jour suivant, il a signé une proposition de cessez-le-feu élaborée par des médiateurs internationaux. Sur les ondes de CNN, il a déclaré : «  Nous tâchons de mettre un terme à cela le plus rapidement possible ». Le Ministère des affaires étrangères russe a répondu que « la Russie ne voit pas de sens aux déclarations géorgiennes de cessez-le-feu tant qu'il n'y a pas de réel cessez-le-feu.

Vers 16h00 un détachement avancé d'une colonne du Ministère russe des situations d'urgences est arrivé en Ossétie du Sud avec de l'aide humanitaire. Près de 80 véhicules transportant 54 tonnes de chargement humanitaire, ainsi que des sauveteurs ont été envoyé dans la République. Par ailleurs, comme l'a déclaré lors d'un briefing l'adjoint au dirigeant du Ministère des situations d'urgence, Rouslan Tsalikhov, « dans les jours à venir, autrement dit aujourd'hui, demain et après-demain, nous fournirons encore 150 tonnes de chargement, dont 124 tonnes de vivres, trois stations d'épuration d'eau et 13 stations électriques ambulantes ».

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